
Le 1er janvier 2010, la plateforme de vente des livres de Marc-Édouard Nabe ouvrait ses portes. On y trouvait de nombreux livres de l’auteur remis en vente après une longue pénurie, et surtout l’annonce de l’arrivée imminente d’un nouveau roman, dans un système intégralement conçu pour éliminer tout intermédiaire nuisible à la littérature. Trois mois plus tard, 3000 exemplaires de L’Homme qui arrêta d’écrire étaient expédiés. Les balbutiements passés, l’anti-édition est devenue de jour en jour plus efficace, si évidente qu’on la dirait ancrée depuis longtemps, si adaptée que se souvenir de Nabe en librairie paraît étrange. Constituée de mouvements spontanés de passionnés, l’équipe de composeurs, maquettistes, correctrices, webmasters, distributeurs, imprimeurs, vidéastes et gérants de points de vente improbables a démontré par son investissement l’inutilité des professionnels du milieu.
Il était temps de ramener à la vie l’écrivain et ses lecteurs. La spontanéité des retours sur la lecture du roman en témoigne : L’Homme qui arrêta d’écrire est avant tout un livre qui fait du bien, qui lave, soulage et insuffle de l’air dans un monde pollué de toc. Petit à petit, les lecteurs se réveillent, manifestent leur soutien, proposent leur aide. Le cercle s’agrandit. Bravo à tous ceux qui prouvent, chacun à sa façon, que lire est autre chose qu’une activité passive de distraction amusante ou culturelle. Bravo surtout aux jeunes qui se dévoilent et qui anéantissent de leur vitalité la mollesse et les magouilles des générations antérieures. La quantité de lectures pertinentes dans les blogs trouvés sur Internet est une des nombreuses illustrations que vous trouverez sur ce site.
Il fallait un évènement pour fêter ces retrouvailles : pour la première fois, un auteur invitait tous ses lecteurs pour une soirée de partage. Près de 700 personnes sont venues envahir les salles de l’espace Châtelet-Victoria dans une ambiance de curiosité, de surprise et surtout de respect, puisque sans aucun flicage, aucun incident n’est venu ternir ce moment privilégié entre lecteurs, avec l’auteur et quelques personnages du livre. Pendant ce temps, la presse littéraire continue à se taire, alors qu’une autre moins concernée se révèle et consacre des dossiers complets qui permettent à Marc-Édouard Nabe de toucher un public plus varié.
Beaucoup pourraient se contenter de cette réussite. Ce n’est pourtant qu’un début. Aujourd’hui commencent à se dessiner les lignes de la prochaine étape : ce livre, qui a désormais été lu et compris par ses lecteurs commence à se montrer pour ce qu’il est : un ouvrage en plusieurs dimensions qui se tiennent entre elles et dévoilent la cohérence de tout un ensemble, compressant le début de ce siècle en 7 jours au fil des aventures de l’homme qui arrêta d’écrire, Jean-Phi, Zoé, Pat, Liza, Élodie, Kahina, Estelle, Clémentine, Emma, et de tant d’autres encore…